
Anthropozoologica
61 (1) - Pages 1-19Si les artisans gallo-romains travaillaient rarement le bois de cerf, ils en connaissaient néanmoins les diverses propriétés – longueur, résistance et élasticité supérieures à celle de l’os – ainsi que sa valeur symbolique qui a été concrétisée dans des objets taillés dans la meule du bois, nommés communément « médaillons en bois de cerf ». Ces derniers ont fait l’objet de nombreuses études mais il est apparu important de revoir leur répartition spatiale en actualisant leur inventaire, de replacer ce matériau au sein de l’artisanat gallo-romain des matières dures d’origine animale et d’insister sur la symbolique forte de la ramure de ce cervidé. Par ailleurs, la chair du cerf n’est consommée que de temps en temps, comme le montre la rareté de ces ossements au sein des lots fauniques mis au jour indiquant que la chasse est peu nourricière. Il est néanmoins possible de restituer les étapes de la découpe de sa carcasse d’après les traces observées sur les vestiges osseux. Sa chasse peut parfois avoir lieu dans des parcs à gibier, dépendances des grandes villae dont l’existence est évoquée dans les textes antiques et possiblement illustrée par l’archéozoologie.
Médaillon prophylactique, artisanat, parc à gibier.