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Le chasseur et son trophée : penser la relation humain-cerf par-delà la mort

Antoine JEANNE

fr Anthropozoologica 61 (4) - Pages 49-70

Publié le 17 avril 2026

Cet article est tiré de la thématique Anthropozoologie du cerf élaphe. Témoignages archéologiques, historiques et ethnographiques

D’aucuns s’imaginent que le trophée de chasse est ancestral et immuable. L’anthropologie et l’archéologie leur donnent en partie raison, puisque les restes cynégétiques participent de la culture matérielle et symbolique de l’humanité depuis… toujours ? Pourtant, le trophée, tel qu’on le rencontre aujourd’hui, est davantage le fruit d’une évolution – notamment muséale. En effet, entre (néo)traditions cynégétiques et emprunts muséographiques, le trophée de chasse interroge sur la relation entre l’humain et le cerf par-delà la mise à mort de l’animal. Car la conservation et l’exposition des restes animaliers nous éclairent sur les interactions, étroites et parfois intimes, entre un prédateur hominidé et sa proie cervidé. À partir d’une enquête multisituée – de la forêt au musée en passant par la demeure du chasseur – et transdisciplinaire en anthropomuséologie, cet article explore l’art d’accommoder les restes cynégétiques. Objet ô combien scandaleux pour le non-chasseur, le trophée est irremplaçable pour le chasseur. Il pérennise un moment unique et furtif, celui de la rencontre (sensible) entre un humain et non-humain, et témoigne du vagabondage ontologique du chasseur. Malgré les apparences, le trophée est loin d’être mort.


Mots-clés :

Trophée de chasse, musée cynégétique, muséologie, cerf, relation Homo-Cervus.

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