
Naturae
2026 (3) - Pages 73-80Une petite population de Triops cancriformis (Bosc, 1801) a été découverte au tournant des années 2000 dans des ornières forestières au nord-est du département de la Vienne, alors que l’on donnait l’espèce disparue du centre de la France depuis des décennies. Les plus proches populations actuellement connues sont en effet localisées dans l’arc méditerranéen à plus de 400 km, et se rencontrent dans des habitats généralement plus ouverts. Les suivis entrepris depuis, bien que ponctuels et sporadiques, font état d’une petite population toujours en place (présence de femelles ovigères et d’œufs de résistance dans le sédiment), mais qui ne semble pas pouvoir se reproduire tous les ans, et avec des effectifs déclinants. Par ailleurs, des analyses génétiques menées en parallèle sont tout à fait compatibles avec la persistance ici d’une population relictuelle locale, et permettent d’écarter l’hypothèse d’un apport exogène (lâchers) comme il est toujours possible avec ces animaux commercialisés et très prisés des aquariophiles. Les risques à court et moyen termes pour cette petite population isolée (en l’état actuel de nos connaissances) sont présentés et discutés. Des actions de sensibilisation auprès des acteurs locaux (propriétaires, gestionnaires, municipalités environnantes) ont été entreprises et favorablement accueillies. Des essais de création de petites mares temporaires se sont révélés infructueux. Désormais, des mesures de protection et conservation plus ambitieuses, menées dans un cadre réglementaire, seraient à envisager.
Notostracés, espèce relicte, ornières forestières, écologie, conservation