
Geodiversitas
48 (12) - Pages 227-272L’analogie morphologique entre le rostre des Spinosauridae et des crocodiliens a été largement documentée. Plus récemment, l’existence supposée chez les Spinosauridae d’organes sensoriels spécialisés tels que ceux rencontrés chez les crocodiliens (appelés ISO pour Integumentary Sensorial Organs) a été avancée par certains auteurs. Cependant, aucune représentation complète du réseau neurovasculaire chez la rosette des Spinosauridae n’avait encore été décrite et l’association entre une ramification neurovasculaire dense et la sensibilité cutanée ne restait qu’une hypothèse. L’étonnante conservation interne des prémaxillaires de Cristatusaurus lapparenti Taquet & Russell, 1998 et Spinosaurus maroccanus Russell, 1996 du MNHN de Paris nous donne enfin une idée précise de la situation. Nous montrons par nos résultats tomographiques l’un des complexes neurovasculaires les mieux conservés découverts chez un dinosaure et le tout premier complet chez un Spinosauridae avec le spécimen mature de Cristatusaurus lapparenti. Nous avons constaté que le volume du système neurovasculaire, la taille des foramens qui coïncide admirablement avec celle des branches sous-jacentes et la complexité des ramifications observées représentent autant d’indices supplémentaires soutenant l’hypothèse d’une hypersensibilité de la rosette de ces animaux. La comparaison avec d’autres créatures disparues et modernes ayant développé des structures sensorielles performantes sur le devant de leur museau a également été faite. De plus, nos résultats tendent à montrer un taux de remplacement dentaire particulièrement élevé chez les Spinosauridae dès le plus jeune âge.
Spinosauridae, Dinosauria, Cristatusaurus, Spinosaurus, neurovasculaire, sensibilité, prémaxillaires, organes sensoriels, foramen, dents