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Comparative analysis of the enamel-dentine junction of the lower molars among late Middle Stone Age hominins from northwestern Africa

Hajar ALICHANE, Philipp GUNZ, Robert M. G. MARTIN, Hélène COQUEUGNIOT, Mohamed EL HAJRAOUI, Gregorio OXILIA & Jean-Jacques HUBLIN

en Comptes Rendus Palevol 25 (5) - Pages 77-98

Publié le 18 mars 2026

Cet article est tiré de la thématique Les héritiers de Lucy – Hommage à Yves Coppens

Analyse comparative de la jonction émail-dentine des molaires inférieures chez les hominines de la fin du Middle Stone Age du nord-ouest de l’Afrique

Cette étude examine la morphologie de la jonction émail-dentine (EDJ) des premières et deuxièmes molaires mandibulaires (LM1 et LM2) chez des hominines du Middle Stone Age (MSA) tardif en Afrique du Nord-Ouest, associés aux technocomplexes Atériens. Les spécimens atériens sont comparés à ceux d’Homo sapiens fossiles provenant de Jebel Irhoud, Qafzeh, Skhul et Die Kelders, ainsi qu’à de larges échantillons d’H. neanderthalensis et d’H. sapiens récents. En se concentrant exclusivement sur l’EDJ, une région anatomique clé qui conserve des informations sur la forme et la taille, cette étude vise à éclairer les relations évolutives entre les Atériens et d’autres groupes d’Hominines durant le Pléistocène supérieur. À l’aide de la tomodensitométrie à haute résolution (micro-CT), nous avons reconstruit l’EDJ en trois dimensions, permettant des comparaisons morphométriques géométriques détaillées. Les résultats révèlent une tendance marquée à la réduction de la taille des molaires au sein de la lignée des H. sapiens, ainsi qu’une distinction morphologique claire entre H. neanderthalensis et les différentes formes d’H. sapiens. Les spécimens Atériens se distinguent par la taille plus importante de leur dentition par rapport aux autres groupes. Morphologiquement, l’EDJ des Atériens s’aligne davantage avec celle des H. sapiens fossiles, notamment pour les LM1, tandis que les LM2 montrent une variabilité accrue ; certains spécimens, tels qu’El Harhoura LRM2, chevauchent le domaine de variation des H. neanderthalensis. Ce chevauchement pourrait refléter la rétention de traits primitifs au sein de la population atérienne, attribuable à leur ancienneté géologique et à leur plus grande taille. Nos résultats apportent une contribution significative aux discussions plus larges sur la diversité morphologique et les trajectoires évolutives des H. sapiens fossiles. Le caractère mosaïque des traits dentaires observés chez les Hominines Atériens est analysé à la lumière des variations régionales dans les trajectoires évolutives des populations d’Hominines du Pléistocène supérieur.


Mots-clés :

Atérien, Homo sapiens, MSA, molaires mandibulaires, LM1, LM2, MicroCT, EDJ, géométriques, morphométriques

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