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When snake vertebrae go to an extreme – revision, vertebral morphology, and intracolumnar variation of the enigmatic snake Cadurceryx Hoffstetter & Rage, 1972, from the Eocene of Europe

Zbigniew SZYNDLAR & Georgios L. GEORGALIS

en Comptes Rendus Palevol 24 (29) - Pages 587-620

Publié le 17 décembre 2025

Cet article est tiré de la thématique Serpents du Cénozoïque de l'Europe – vers une synthèse macroévolutive et paléobiogéographique

Quand les vertèbres des serpents atteignent l’extrême – révision, morphologie vertébrale et variation intracolonnaire du mystérieux serpent Cadurceryx Hoffstetter & Rage, 1972, de l’Éocène européen

Nous fournissons une documentation complète de la morphologie vertébrale et de la variation intracolonnaire du serpent énigmatique Cadurceryx Hoffstetter & Rage, 1972, de l’Eocène de France. Sur la base de vertèbres abondantes, appartenant à pratiquement toutes les parties de la colonne, originaires de l’Eocène moyen (MP 16) de Lavergne dans les Phosphorites du Quercy, nous ­effectuons une révision du taxon, fournissons une diagnose corrigée et mettons en évidence un certain nombre de caractéristiques vertébrales distinctives qui le différencient de tous les autres serpents. Plus particulièrement, Cadurceryx est caractérisé par la présence d’apophyses supplémentaires dans les vertèbres du tronc, du cloaque et de la caudale, qui forment (au moins en partie) de véritables articulations reliant les vertèbres voisines (articulations intervertébrales supplémentaires). Ces apophyses supplémentaires sont : des ptérapophyses (présentes dans toutes les vertèbres), des extensions de zygapophyses et d’épines neurales, ainsi que des extensions de pleurapophyses (présentes dans les vertèbres caudales). Nous présentons également des vertèbres tronculaires et/ou caudales supplémentaires provenant de plusieurs autres localités de la région des Phosphorites du Quercy : l’Eocène moyen (MP 16) de Malpérié, l’Eocène supérieur (MP 17) de La Bouffie et Rosières 2, l’Eocène supérieur (MP 18) de Sainte Néboule, et de localités imprécises des « anciennes collections du Quercy ». Nous effectuons également une évaluation critique de la description originale du taxon. Sur la base de tous ces éléments, nous concluons qu’une seule espèce de Cadurceryx était présente en France pendant l’Eocène moyen et supérieur, à savoir l’espèce type Cadurceryx filholi ­Hoffstetter & Rage, 1972. Une seconde espèce du genre, Cadurceryx pearchi Holman, Harrison & Ward, 2006, connue exclusivement à partir de vertèbres caudales de l’Eocène supérieur (MP 17) de Hordle Cliff, en Angleterre, est également évaluée ici ; sur la base d’une approche critique de la publication originale qui a établi l’espèce anglaise, couplée à la présentation de quelques nouvelles vertèbres caudales de sa localité type, nous considérons que Cadurceryx pearchi représente un nomen dubium, le matériel appartenant potentiellement à ?Cadurceryx sp. ou un serpent érycidé ou charinaid indéterminé. Nous fournissons un aperçu complet de la distribution géographique et stratigraphique de Cadurceryx. Grâce à une comparaison détaillée avec des serpents éteints et actuels, nous écartons les affinités de Cadurceryx avec les érycidés ou les charinaidés, prenant également en compte que ce groupement, selon les données moléculaires, n’est pas monophylétique et que l’évolution des morphologies vertébrales caudales complexes chez les érycidés et les charinaidés est probablement homoplasique. Par conséquent, les caractéristiques distinctives communes de Cadurceryx avec les érycidés et les charinaidés (présence d’apophyses supplémentaires dans les vertèbres caudales qui forment de véritables articulations reliant les vertèbres voisines) sont également considérées ici comme homoplasiques. Au lieu de cela, nous montrons que Cadurceryx possède une synapomorphie vertébrale des tropidophiidés, à savoir l’hypapophyse proéminente en forme de lame sur les vertèbres du tronc, qui, dans les vertèbres postérieures du tronc, possède un coin antéroventral droit distinct, ainsi que d’autres caractéristiques vertébrales communes. En conséquence, nous envisageons ici provisoirement ­Cadurceryx comme un tropidophiidé présentant des morphologies apophysaires convergentes avec les érycidés et les charinaidés. Enfin, nous proposons une interprétation spéculative de la morphologie fonctionnelle des structures complexes des vertèbres de Cadurceryx, suggérant provisoirement que ces véritables articulations reliant les vertèbres voisines auraient pu offrir une rigidité accrue à la colonne vertébrale et agir comme un mécanisme anti-prédateur.


Mots-clés :

Serpentes, vertèbres, description du squelette, Paléogène

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