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Tracing the footprints of the Atlas Brown Bear: a metric analysis of Holocene and Late Pleistocene remains from Northern Morocco

Shaymae IKEN, Ana GARCÍA-VÁZQUEZ, Gloria GONZÁLEZ-FORTES, Abdeljalil BOUZOUGGAR & Aurora GRANDAL-D’ANGLADE

en Comptes Rendus Palevol 25 (4) - Pages 57-76

Publié le 11 mars 2026

Sur les traces de l’ours brun de l’Atlas : une analyse métrique des vestiges de l’Holocène et du Pléistocène tardif du nord du Maroc

L’ours brun (Ursus arctos Linnaeus, 1758) habitait autrefois les montagnes de l’Atlas en Afrique du Nord. Sur la base de la description d’un voyageur, certains naturalistes du xixe siècle ont décrit une nouvelle espèce, Ursus crowtheri Schinz, 1844, dont l’existence a rapidement été remise en question. Cette étude présente une caractérisation métrique de l’ours brun fossile de l’Atlas en utilisant à la fois des données publiées et de nouvelles données provenant de sites archéologiques marocains. L’analyse se concentre sur les phalanges et les métapodes, qui sont plus fréquemment conservés, et les compare avec des spécimens holocènes des monts Cantabriques (Espagne) et des monts Zagros (Iran). Les résultats suggèrent que l’ours de l’Atlas avait des pattes relativement courtes et robustes, ce qui confirme en partie les descriptions historiques. Aucune différence de taille significative n’a été constatée entre les spécimens du Pléistocène supérieur et ceux de l’Holocène, bien que le nombre d’éléments pléistocènes soit trop faible pour tirer des conclusions solides. De nouvelles datations directes au radiocarbone de restes provenant de Kehf el-Hammar et de Hattab II confirment une fourchette temporelle allant du Pléistocène tardif à l’Holocène. Les preuves fossiles montrent que les ours bruns étaient présents en Afrique du Nord au moins jusqu’au début du Moyen Âge. Bien que certains aspects du témoignage de Crowther restent invérifiables, sa description est globalement cohérente avec les données ostéologiques et écologiques. Ceci suggère que les derniers ours bruns du Maghreb ont pu survivre plus longtemps et être mieux connus des populations locales qu’on ne le pensait jusqu’à présent.


Mots-clés :

Ursus arctos crowtheri, Maghreb, Pléistocène tardif, Holocène, datation au radiocarbone, analyse métrique, os méthapodes, phalanges

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